Salon L'Autre Livre :

Ce salon sympa devait être la vitrine de l'édition indépendante de qualité. Après deux années d'expansion (4 000 visiteurs en 2004), il semble en repli et l'association du même nom en crise.

Début décembre 2005, 120 petits éditeurs se pressaient Salle Olympe de Gouge (Paris 11e). Ils attendaient un public qui ne sera que très partiellement au rendez-vous. Le manque de visibilité du lieu, la présence concomitante du Salon de Montreuil et une communication médiatique défaillante sur fond de conflit interne dans l'association L'Autre Livre signent le repli. Pourtant ce salon semblait capable de porter les espoirs de l’édition indépendante et de démontrer qu’elle savait s’organiser et pouvait faire son unité.

Le malaise fut largement commenté et argumenté sur Internet par les dissidents, alors que les responsables de l’Autre Livre restèrent fort silencieux. Les premiers annonçèrent la création de Son mot à dire, une autre nouvelle association chargée de prendre en considération les problèmes de la petite édition indépendante.

Ce foisonnement de structures chargées des mêmes objectifs au chevet de la malade risque de faire un peu désordre et de signer la fin prématurée du salon L’Autre livre. Dommage !

 

le 15 janvier 2006

__________________________________________________________________________

Marché de la poésie 2005 :
ventes en baisse et grogne en hausse

Nous y étions "conviés" par l'organisateur qui a du mérite, ne serait-ce que pour nous avoir permis de partager notre stand avec l'excellent ATELIER DES BRISANTS.

2004 était l’année où le Marché de la Poésie avait failli disparaître faute de subventions suffisantes. Noyée par les orages, recuite par la canicule, coincée par un samedi d’ouverture des soldes, la 23 ème édition du Marché restera dans les mémoires, sous le signe de la médiocrité, de l’exclusion et du désenchantement. Certains pensent que l’esprit de la manifestation se meurt ; erreur, il se sclérose sous l’impulsion des nouveaux partners financiers qui pensent qu’on peut faire de Saint-Sulpice un petit Versailles, et d’un ghetto poétique qui se renouvelle peu parce que c’est structurel (les soixantehuitards acheteurs de poésie et éditeurs ont vieilli, les nouveaux éditeurs et le jeune public n’ont pas le fric).
.Les nouveaux partners, dont France Infos et Télérama, ne connaissent peut-être rien en poésie, mais la gestion, c’est leur rayon. Ils ont des idées que n’ont jamais eu les Jean-Michel Place, Jean Marcourel ou l’indémodable Serge Pey. Il faut « accueillir des éditeurs professionnels » en poussant dehors les amateurs pour rentabiliser l’affaire. Or, n’en déplaise aux partners, ces amateurs participaient de l’esprit du lieu, cette alchimie plutôt réussie entre l’épicerie poétique, le côté festif, joyeux et bon enfant, la convivialité et les petits grains de folie ( les poètes sont suffisamment stupéfiants pour s’éclater. Ils se dopent au vers libre et à l’ivresse livresque)

L’organisateur Circé a suivi les consignes des financiers à la lettre. Il a augmenté de 25 % le prix de location de ses baraques. Plus d’un petit fidèle exposant a du déclarer forfait. Comme cela ne suffisait pas, pour récupérer d’autres stands, il s’est lancé dans une opération d’exclusion déguisée en concentration. Certains vieux briscards du Marché ont été mis devant cet ultimatum : vous acceptez la concentration dans un stand librairie fourre-tout où vous ne venez plus. Exit les Dossiers d’Aquitaine. On entasse comme des harengs en caque, L’Asala et sa revue Le Cerf-Volant, Le chaînon poétique, … et tous les petits poètes indépendants qui s’accrochaient encore à un stand. Cose-Calcre et L’Oie plate auraient pu faire partie de la charrette, si le Calcre n’avait pas tant œuvré pour défendre les poètes et l’éthique éditoriale. Circé nous offrait gratuitement un strapontin d’un mètre carré. Nous avons proposé de partager notre stand, mais le message est clair : la défense des poètes est sur un siège éjectable. Fort heureusement, les éditeurs à compte d’auteur tomatés dans Audace ne sont pas inquiétés. Ils sont des éditeurs professionnels et l’organisateur ne voit pas l’intérêt de consulter un tel ouvrage avant de les accueillir. Lanore, tomaté, dispose d’une moitié de stand. Yvelinéditions, conseillé, se retrouve sur le strapontin du libraire !

Côté éditions « professionnelle », ce n’est pas l’euphorie ! Ni France Infos, ni Télérama n’ont réussi à enrayer la désaffection du public visiteur. Le dimanche soir, la plupart des éditeurs annonçait des chiffres en baisse par rapport à 2004. Martine et Daniel Delors de L’Atelier du gué, affichaient une satisfaction très mitigée. Ils avaient remboursé leur stand et dégagé un supplément leur permettant de s’acheter 2 carambars mais pas l’essence pour redescendre chez eux ! On ne sait pas si c’est l’effet Sarko, mais l’organisateur avait remplacé la traditionnelle clairette de fin de Marché par un pot à base d’eau plate, jus de fruit et coca ! Dur, dur d’être euphorique !

 

R.G.

le 23 juillet 2005

 

 

© loieplate - 2005

Fermer