Quand le mécénat d'entreprise mise sur la poésie !5000 € pour le meilleur recueil édité, c'est la plus riche dotation d'un domaine habitué aux médailles en chocolat et aux diplômes bidons ! La Fondation L-A Finances pour la poésie dote richement son Prix de poésie. Elle organise des lectures bon-marché, dites par des artistes renommés, reverse la recette à un fonds de solidarité. Enfin elle encourage la récitation chez les ados, récompense les plus motivés. Quand le capitalisme financier détourne une partie de ses bonus sur le Petit Poucet des Belles Lettres, ça fait d'autant plus tilt que l'Etat en faillite se désengage de tous les côtés ! Opération de com' direz-vous ? Oui, mais pari risqué. Sponsoriser l'invisible poésie plutôt que les ténors du Vendée-Globe, ça risque de faire ricaner les courtiers du palais Brognard ! La crise économique entraîne des coupes sombres dans tous les systèmes institutionnels d'aide aux projet culturels. Les organismes voient leurs subventions réduire comme peau de chagrin. Elles rognent, déprogramment, voire suppriment maintes activités et manifestations faute du pognon nécessaire. La poésie, cette mal aimée à qui les pouvoirs publics accordaient dans le passé des aides parcimonieuses et faméliques, s'en trouve fort mal en point. Parfois, il arrive que le privé prenne un relais limité. Les financiers au chevet de la Belle ! Heureusement la haute finance vole à son secours depuis avril 2008. La Fondation L-A Finances pour la poésie, danseuse de L-A Finances (*)., entend contribuer à sa survie. Elle tente de promouvoir un plus large accès à la poésie contemporaine et classique à partir de 3 actions : 1/ L’attribution annuelle d’un Prix de Poésie ; 2/ La lecture de poèmes par des acteurs célèbres ; 3/ Des concours de récitation de poèmes en classe de Seconde. Le prix du Premier recueil de poèmes : Doté de 5 000 euros , il récompense un 1er recueil de poésie francophone, publié dans l'année ou l'année précédente par une maison d’édition (et pas à compte d’auteur). L’auteur ne doit pas avoir publié d’autres ouvrages de poésie et celui-ci ne doit pas être une réédition. L’objectif est d’encourager le poète à poursuivre dans cette voie en lui en donnant concrètement les moyens. Voici les premiers lauréats : Date limite : fin mai ; date de remise : fin septembre. Il y avait 5 sélectionnés en 2008, 7 en 2009. Ce prix est une référence. Éditeurs de poésie, en 2010, proposez votre candidat ! La lecture de poèmes par des acteurs célèbres La Poésie est faite pour être lue à haute voix. Les représentations données à guichet fermé par Pierre Arditi, Fabrice Luchini, Jean Rochefort, Daniel Mesguich, ou Jean-Louis Trintignant... montrent qu’il y a un public qui vient pour l’acteur. L’ambition est de l’amener à découvrir de grands poètes contemporains peu connus en associant un grand poète disparu (Eluard, Char, Rimbaud, Aragon...) et un contemporain (Jaccottet, Celan, Bonnefoy, Goffette...). Le prix des places sera délibérément bas et le montant de la recette sera versé à une caisse de solidarité des acteurs ou des poètes. Les lectures se tiendront à la bibliothèque de l’Arsenal, 1 rue de Sully à Paris. Des concours de récitation de poèmes en classe de Seconde La poésie est une langue universelle souvent méconnue par les élèves. La découvrir peut aider les jeunes à développer leur dimension intérieure, sans laquelle il ne saurait y avoir de liberté. Les concours de récitation ont un quadruple avantage : Le concours sera doté de nombreux prix : 500 € pour le premier prix, 350 € pour le deuxième prix, 200 € pour le troisième prix, des ouvrages de poésie : ouvrages d’auteurs classiques ou contemporains, anthologies, abonnements à des revues de poésie. En conclusion Opération de mécénat culturel pour L-A Finances ? Certainement ! Qu'une firme du capitalisme financier réalise un projet d'une grande cohérence n'est pas aussi paradoxal qu'il n'y paraît. A la différence de bien des associations culturelles, elle a les moyens et surtout l'habitude de résoudre (jusqu'à un certain point) des problèmes autrement plus complexes. Les assistés de la Culture feraient bien de s'en inspirer. Il est vrai que leurs communicants appointés sont rompus dans l'art de tresser des mots creux autour de projets vains ou de peu d'intérêt mais tellement bien enrobés dans les papiers cadeaux du discours dominant.
© L'Oie plate - 09/2009 |