La Faillite des éditions De Borée et ses conséquencesCe fiasco des éditions De Borée a des conséquences pour d'autres maisons d'éditions. Comme dans le billard à trois bandes les auteurs de la maison et ceux de ses filiales vont en subir les contrecoups. Et les maisons d'édition diffusées par De Borée devront tirer un trait sur le règlement des ventes du dernier semestre 2015. Après avoir fermé à la mi-2014 son établissement parisien, De Borée, le principal éditeur, diffuseur-distributeur auvergnat est en redressement judiciaire depuis le 1er octobre 2015. Le tribunal du commerce devrait ou proclamer la faillite incessamment ou accepter l'offre de l'un des 5 repreneurs pressentis. Comme c'est la règle en la matière, toutes les dettes sont gelées. Les fournisseurs ont toutes les chances de tirer un trait sur leurs factures et les auteurs sur leurs royalties. De Borée est un groupe et ses difficultés concernent ses filiales. Les auteurs de la maison, mais aussi ceux des autres marques du groupe, à savoir Cerise bleue éditions, Encre violette et Terres éditions (L'Ecir, la structure d'édition à compte d'auteur de De Borée n'avait plus d'activité depuis 2011), risquent de faire leur deuil de leurs droits d'auteur 2015 et de voir la diffusion de leurs livres compromise. Si vous êtes un auteur de l'un des éditeurs du groupe :
De Borée diffusait et distribuait une quinzaine d'autres maisons. Elles subissent le gel du paiement des ventes du dernier semestre et l'arrêt de toute mise en place de nouveauté. Qu'il s'agisse d'un redressement ou d'une liquidation, cela se traduit presque toujours par une perte sèche car les éditeurs diffusés ont le statut de créanciers chirographaires. La plupart se retrouvent fragilisés, pendant que d'autres pourraient voir leur viabilité compromise. Deux exemples : Ysec se retrouve avec 30 000 € d'impayés et Le Caïman a évité la faillite grâce à 8 000 € de dons.
Les maisons diffusées-distribuées, impactées par la faillite sont :
Actes graphiques ; Leurs écrivains subiront le contrecoup de l'arrêt du diffuseur. Leurs droits d'auteurs de 2015 risquent de ne porter que sur 6 mois d'activité ; ceux qui devaient être publiés verront la parution de l'ouvrage reportée ou pire annulée ; et ceux qui ont expédié des manuscrits pourraient se retrouver sans réponse si l'éditeur décide de réduire sa voilure. En relation avec ces éditeurs diffusés par De Borée, il serait opportun de réagir :
Dernières nouvelles : Le groupe du journal La Montagne tiendrait la corde pour la reprise des éditions. Mais il opérerait des coupes sombres dans la diffusion-distribution. Les auteurs publiés par La Cerise bleue et les autres petites enseignes risquent de rester en rade.
(*) Ces maisons ont changé de diffuseur-distributeur sans attendre la décision de justice. Un article dans les contrats de diffusion-distribution prévoit des facilités de rupture. Une telle clause n'existe pas dans les contrats d'auteur.
© loieplate - janvier 2016 |