La fin des éditions Être est-elle un signe avant-coureur ?« Le risque ou dormir », l’anagramme de l'ancienne maison d'édition Le Sourire qui mord de Christian Bruel, illustre toujours la politique éditoriale de sa nouvelle maison (créée en 1997) à savoir publier des albums jeunesse singuliers plutôt exigeants, des livres qui considèrent les enfants comme des lecteurs à part entière méritant des points de vue non altérés sur le monde. Dépôt de bilan à l'horizon HélasHélas, les ventes en librairie plongent,. La récession touche de plein fouet les petits éditeurs indépendants. Ils souffrent les premiers, car ils ne possèdent pas un solide matelas bancaire pour amortir les secousses du marché actuel. Christian Bruel, le responsable a annoncé publiquement début mai la fin prochaine des éditions Être. Quand ? Ce n'est pas arrêté et le milieu de l'édition jeunesse est en émoi. Un groupe de soutien aux éditions Être rassemblant des auteurs et illustrateurs jeunesse, des professionnels du livre et des lecteurs vient de se créer sur Facebook (voir http://www.facebook.com/group.php?gid=120683554618391&v=wall). Vous souhaitez empêcher ce fiasco ? Précipitez-vous sur ces albums inventifs et originaux et qui parient sur l'intelligence du jeune lecteur comme sur celle de ses parents. Et si ça ne sauve pas la maison, vous conserverez la satisfaction de posséder dans quelques temps une collection rare et précieuse (Voir : http://christianbruel.chez-alice.fr/). Auteurs jeunesse, dans l'immédiat la publication de nouveautés est au mieux en stand-by, inutile d'encombrer Bruel avec vos projets actuels.
L'édition indépendante dans la tourmente ! Les difficultés de cette maison d'édition jeunesse emblématique mettent en lumière la crise qui touche le livre depuis janvier 2010. Les gens ont de moins en moins d'argent pour lire. Les médias, qui se font l'écho en temps réel des errements financiers planétaires et des atermoiements de nos politiciens dépriment le lecteur et l'incitent à l'économie. L'aide à la culture subit des coupes sombres depuis un an. Les poids lourds du secteur occupent tout l'espace médiatique et leurs diffuseurs imposent l'office aux libraires. Et pourtant leurs résultats baissent aussi, mais dans une moindre mesure. Reste aux nombreux indépendants la portion congrue, autant dire rien dans la presse nationale, rien dans les rayons.
Baisse généralisée des ventes Depuis janvier, tous les secteurs de l'édition parisienne enregistrent des baisses significatives : 8 % dans les beaux livres ; 6 % en sciences humaines ; 5,5 % dans les romans ; 4,5 la BD ; 3,5 % la jeunesse ; 3,5 % des essais littéraires, les documents et la jeunesse ; 3 % pour le livre pratique. Pas un seul secteur en croissance. Même ce standard de la culture populaire que représente le livre de poche, enregistre, selon Livre Hebdo, une baisse des ventes de 1,5 %. Que l'édition indépendante serait heureuse si ses ventes subissaient la même sanction ! Les voyants clignotent dans le rouge chez les petits éditeurs. Leurs pertes se chiffrent entre 10, pour les mieux lotis, et 30 % sur la même période. Et ce n'est pas le Salon du Livre 2010 qui va inciter à l'optimisme. Les organisateurs ont beau communiquer sur une baisse minime des résultats, les participants savent bien qu'ils furent très largement en dessous de l'édition 2009 ! Attendez vous, dans les mois prochains, à des dépôts de bilan en cascade ou, au mieux, au gel des publications nouvelles faute de trésorerie.
S'autoéditer en rond ? Placer son manuscrit pour l'auteur inconnu-débutant relevait jusqu'à présent du parcours du combattant ; cela risque d'être mission impossible demain. Reste l'autoédition ! Même si Lulu.com n'est pas la panacée, mais cela vaut mieux que la publication chez un arnaqueur. Un bémol toutefois : L'Association des Auteurs autoédités(AAA), qui aurait pu encadrer et canaliser le phénomène, dilue peu à peu son influence et son éthique dans le réservoir flou des « auteurs indépendants* »..
* La notion d'indépendance regroupe l'auteur autoédité traditionnel, l'auteur-éditeur, l'auteur publié à compte d'auteur et l'auteur édité normalement qui a racheté un stock qu'il revend. Tous n'ont pas les mêmes intérêts ni la même convergence de vues. De même, celle d'éditeur indépendant, regroupe toute structure éditoriale (société, entreprise, etc.) qui n'appartient pas à un groupe ou dont une partie importante du capital se trouve dans les mains d'un groupe ou d'un autre éditeur.
loieplate - 23 mai 2010 |